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Les montagnes colorées du Landmannalaugar

Retour en Islande, cap sur le Nord

·2176 mots
Nicolas Lorin
Auteur
Nicolas Lorin

Trois ans après notre premier road-trip en Islande, où nous étions restés sur le sud, nous avions envie d’y retourner. Cette fois, l’idée était d’aller voir ce que nous avions laissé de côté : le nord, les fjords de l’est, les Hautes Terres du Landmannalaugar et surtout les Westfjords, cette péninsule découpée à l’ouest où presque personne ne monte.

Onze jours, un camper et beaucoup de cascades.

Véhicule
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Comme la première fois, nous sommes passés par Kúkú Campers, à Keflavík. Le principe reste le même : un véhicule aménagé, le nécessaire pour cuisiner et dormir, et la liberté de s’arrêter là où on veut, à condition de dormir sur un campsite.

En revanche, nous avons changé de catégorie de véhicule : cette fois, nous avons pris un van équipé d’un chauffage. En 2023, nous avions le plus petit van du catalogue, sans chauffage, et les réveils étaient franchement frais. Avec le chauffage, le confort n’est plus le même : on peut faire sécher les affaires mouillées après une journée de pluie et se lever sans grelotter. Sur onze jours, et en montant vers le nord et les Westfjords, c’est le supplément que nous recommandons le plus.

Pour rappel, le camping sauvage est interdit en Islande. Les campsites sont nombreux, il n’est presque jamais nécessaire de réserver, et on paie sur place à la réception.

Nous avons récupéré le véhicule en début de voyage et l’avons rendu à l’aéroport le dernier jour, ce qui simplifie beaucoup la logistique.

Trajet
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Jour 1 : Premières cascades du sud
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Récupération du camper chez Kúkú, puis passage obligé au supermarché pour faire les courses du voyage. On oublie vite à quel point cette première étape prend du temps.

Nous prenons ensuite la route vers l’est, avec trois cascades sur le chemin :

  • Urriðafoss, sur la Þjórsá, la plus longue rivière du pays. Elle est peu haute mais très large, avec un débit impressionnant.
  • Gluggafoss (aussi appelée Merkjárfoss), où l’eau se faufile à travers les trous de la roche, d’où son nom de « cascade fenêtre ». Nous sommes montés par le sentier qui longe la cascade pour aller voir les chutes supérieures : ça vaut vraiment les quelques minutes de grimpette.
  • Ægissíðufoss, une large cascade sur la Ytri-Rangá, juste à côté de Hella.
Les chutes supérieures de Gluggafoss
Les chutes supérieures de Gluggafoss

Nuit au campsite de Þykkvibær. Tranquille, et bien placé pour la suite.

Jour 2 : Montée au Landmannalaugar
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Rendez-vous le matin à Hella pour prendre le bus des Hautes Terres vers Landmannalaugar. C’est la solution à adopter quand on n’a pas de 4x4 capable de prendre les routes F et de traverser les gués : la piste n’est pas faite pour un camper deux roues motrices.

Arrivés sur place, nous partons directement en randonnée pour rejoindre la crête de Suðurnámur, puis enchaîner sur le sommet du Brennisteinsalda. Les couleurs sont irréelles : rhyolite jaune, ocre, rouge, vert, avec les fumerolles de soufre qui sifflent au bord du sentier. C’est probablement le plus beau paysage que nous ayons vu en Islande.

En redescendant, direction les bains naturels du camp : de l’eau chaude à ciel ouvert au milieu de la lave, après une journée de marche, c’est difficile à battre.

Nuit dans le refuge du camp.

Jour 3 : Skalli et un retour un peu sportif
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Deuxième journée de randonnée, avec la montée au Skalli. Pour le retour, nous avons choisi de ne pas refaire le même chemin et de prendre un sentier non balisé, mais bien présent sur les cartes, qui rejoint la descente du Bláhnúkur.

Belle aventure, mais à ne pas prendre à la légère : le tracé est parfois difficile à suivre, en dévers, et il faut être à l’aise avec l’itinéraire. Le paysage récompense largement l’effort.

Retour au camp, puis bus pour redescendre à Hella. Nous reprenons le camper et roulons vers l’est pour dormir à Skaftafell.

Jour 4 : La côte sud-est sous la pluie
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Petit arrêt à la lagune glaciaire pour revoir les icebergs, puis beaucoup, beaucoup de route sous la pluie.

Nous faisons un passage rapide au Viking Café, près de Stokksnes, avant de continuer vers le nord-est.

Le point fort de la journée est l’arrêt aux Vök Baths, sur le lac Urriðavatn près d’Egilsstaðir. Ce sont des bassins flottants alimentés par une source chaude, posés directement sur le lac : on peut passer du bassin à 40 °C à l’eau du lac en quelques pas. Après une journée de pluie, l’effet est immédiat.

Nuit au campsite de Skipalækur, à Fellabær.

Jour 5 : Seyðisfjörður, puis traversée vers Húsavík
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Grosse journée, et sans doute l’une des plus belles.

Nous consacrons la matinée à Seyðisfjörður. La descente vers le village est spectaculaire, avec un arrêt à Gufufoss au bord de la route. Sur place, nous montons à Búðarárfoss, juste au-dessus du village, puis nous suivons le sentier des Vestdalsfossar : un chemin qui longe la rivière et enchaîne les cascades les unes après les autres, avec la vue sur le fjord derrière soi. Un vrai coup de cœur.

Une des cascades du sentier des Vestdalsfossar au-dessus de Seyðisfjörður
Une des cascades du sentier des Vestdalsfossar au-dessus de Seyðisfjörður

Pique-nique au bord de la mer, puis longue route vers le nord. Sur le trajet :

  • Rjúkandi, une cascade en éventail visible depuis la route 1, dans le Jökuldalur.
  • Hverir, au pied du Námafjall : marmites de boue, fumerolles, sol ocre et odeur de soufre. Nous avons fait le sentier qui fait le tour du site, un peu escarpé par endroits, mais qui offre une vue d’ensemble bien plus intéressante que le simple parking.

Deux avertissements pour Hverir : le chemin du tour demande un minimum d’attention, et surtout les mouches sont très nombreuses. Une moustiquaire de tête est un investissement que nous n’avons pas regretté.

Les marmites de boue et les fumerolles de Hverir
Les marmites de boue et les fumerolles de Hverir

Nuit à Húsavík.

Jour 6 : Baleines, cratère et bains de plage
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Sortie d’observation des baleines avec North Sailing, au départ de Húsavík. Résultat en demi-teinte : une petite baleine aperçue rapidement et un phoque. Un peu frustrant vu l’attente, mais la compagnie nous offre une seconde sortie, ce qui adoucit la déception.

L’après-midi, nous faisons le tour du cratère de Hverfjall, près du lac Mývatn. Le sentier grimpe sur la lèvre du cratère et en fait le tour complet, avec une vue à 360° sur la région. Ici, les mouches sont encore pires qu’à Hverir : c’est le point le plus pénible du voyage de ce côté-là. L’abri qui abrite la borne de paiement du parking est d’ailleurs rempli de mouches et de larves : on paie vite et on ressort.

Arrêt ensuite à Goðafoss, la « cascade des dieux », très accessible depuis la route et qui se visite des deux rives.

Nous terminons la journée à Hauganes, sur l’Eyjafjörður, où des bains chauds sont installés directement sur la plage. Se baigner face à la mer au coucher du soleil : excellente idée. Nuit sur place.

Jour 7 : Le Nord tranquille
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Journée plus contemplative, à traverser le nord d’est en ouest.

Promenade dans Siglufjörður, ancienne capitale du hareng, coincée au fond de son fjord. Le village a beaucoup de charme, avec ses maisons colorées et son port.

Nous marchons ensuite sur la digue de Miklavatn, ce cordon de sable qui sépare le lac de la mer, dans le Skagafjörður. Beaucoup d’oiseaux, personne d’autre.

Arrêt à l’église de Víðimýrarkirkja, une petite église en tourbe du XIXe siècle, avec ses murs de terre et son toit d’herbe. C’est simple et très beau.

Dernier arrêt au canyon de Kolugljúfur, creusé par la Víðidalsá, avec sa série de cascades encaissées et sa légende de trollesse.

Nuit à Borðeyri, un des plus petits villages du pays, sur le Hrútafjörður.

Jour 8 : Strandir et un renard
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Nous entrons dans les Westfjords par la côte de Strandir, la partie la plus isolée.

Randonnée depuis Kaldrananes jusqu’au lac de Bæjarvötn, dans les hauteurs. Aucun croisement de la journée, une ambiance très minérale, et le silence complet qui va avec.

Nuit à Heydalur, dans le Mjóifjörður. Nous avons raté de magnifiques aurores boréales cette nuit-là, ce qui restera l’un des regrets du voyage. En revanche, nous avons observé un renard arctique dans la vallée, ce qui compense un peu.

Le lac de Bæjarvötn au-dessus de Kaldrananes
Le lac de Bæjarvötn au-dessus de Kaldrananes

Jour 9 : Phoques et Dynjandi
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Route le long de l’Ísafjarðardjúp, avec un arrêt vers Litlibær pour observer les phoques. Ils se reposent sur les rochers juste en face de la vieille ferme en tourbe, souvent en nombre. Il suffit de rester discret et d’attendre.

Nous rejoignons ensuite Dynjandi, dans l’Arnarfjörður. Cette cascade de près de 100 mètres s’étale en éventail sur la roche, et le sentier qui monte au pied permet de passer devant plusieurs chutes plus petites avant d’arriver à la principale. C’est l’incontournable des Westfjords, et pour une fois la réputation est méritée.

La cascade de Dynjandi en éventail
La cascade de Dynjandi en éventail

Nuit à Patreksfjörður.

Jour 10 : Látrabjarg et l’extrême ouest
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Direction les falaises de Látrabjarg, à la pointe ouest du pays. Ce sont des falaises d’oiseaux qui s’étirent sur des kilomètres et culminent à plus de 400 mètres. On marche le long du bord, avec des macareux à quelques mètres, très peu farouches. Attention quand même : il n’y a aucune barrière et le bord est instable, il ne faut pas s’approcher trop près.

Sur le retour, arrêt à l’épave du Garðar BA 64, échouée sur la plage de Skápadalur. C’est le plus vieux navire en acier d’Islande, laissé là volontairement, et il fait une photo assez spectaculaire.

Nous nous arrêtons aussi à la cascade dite « Nonni and Manni », plus modeste mais jolie.

Les falaises de Látrabjarg plongeant dans l’océan
Les falaises de Látrabjarg plongeant dans l’océan

Nuit à Hverinn.

Jour 11 : Reykjavík et retour
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Dernière journée à Reykjavík pour flâner en ville, avec la montée au clocher de Hallgrímskirkja. L’ascenseur mène presque en haut de la tour, et de là on domine les toits colorés de la ville, la baie et les montagnes en face. C’est payant, mais ça reste le meilleur point de vue sur Reykjavík. Ensuite, retour du camper à l’aéroport et avion pour la France.

En pratique
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Monter au Landmannalaugar : sans 4x4, le bus des Hautes Terres depuis Hella fait très bien l’affaire. Il faut réserver, et prévoir de dormir sur place (refuge ou tente) pour avoir le temps de faire deux journées de randonnée. Deux jours nous ont semblé un bon compromis : de quoi enchaîner Suðurnámur / Brennisteinsalda le premier jour, puis Skalli le second. Cela dit, les billets de bus et la nuit en refuge ont fini par chiffrer. Avec le recul, louer un camper 4x4 est peut-être le meilleur choix : c’est plus cher au départ, mais cela couvre la montée au Landmannalaugar et rend bien plus confortables toutes les pistes du reste du pays. Le revers, ce sont les gués des routes F : il faut se sentir assez sûr de soi pour traverser l’eau.

Les mouches : c’est le point que nous avions sous-estimé. À Hverir et surtout autour du lac Mývatn et de Hverfjall, les nuées de mouches rendent la visite pénible. Une moustiquaire de tête coûte trois fois rien et change complètement l’expérience. À prendre dans la valise.

Les Westfjords : c’est la partie qui nous a le plus marqués, et de loin la plus calme. Les distances sont trompeuses : les routes contournent chaque fjord, il faut compter beaucoup plus de temps que ce que la carte suggère. En échange, on a l’impression d’avoir le pays pour soi.

Sentiers non balisés : ils existent sur les cartes et sont parfois très beaux, comme notre retour du Skalli. Mais ils demandent une vraie autonomie en orientation et une météo correcte. À éviter si l’un des deux manque.

Budget
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Nous avons dépensé environ 2 100 € par personne, vols compris : billets d’avion, location du camper, essence, campsites, nourriture, bus des Hautes Terres, nuit en refuge, bains et activités.

C’est plus que lors de notre premier voyage, où nous étions à environ 1 100 € par personne, vols non compris. Le séjour était plus long et le van mieux équipé, mais ce n’est pas la seule explication : nous avons clairement ressenti une hausse du coût des campsites par rapport à 2023. Le poste hébergement, que nous considérions comme presque négligeable la première fois, pèse désormais pour de bon dans le budget d’un road-trip en camper.

Côté paiements, aucun problème : tout s’est réglé par carte, y compris les campsites, le bus des Hautes Terres et les bains. Nous n’avons pas eu besoin d’une seule couronne en espèces sur l’ensemble du voyage.

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